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 Django Unchained

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Marcus
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MessageSujet: Django Unchained   Lun 21 Jan - 20:42



C'est toujours avec beaucoup de plaisir que j'aborde un film Quentin Tarantino. D'autant plus lorsque le réalisateur s'attaque au western et que la critique est unanime. Inutile de préciser que les attentes sont très hautes. Peut être même au dessus de celles que j'avais placées en Inglorious Bastards (petite deception même si le film présente quelques moments brillants).

Pour ceux qui ne l'ont pas vu, Django est un film ambitieux. Une histoire de vengeance sur fond de Sud esclavagiste qui n'en finit pas de créer la polemique. C'est une nouvelle fois l'occasion de réaliser que cette plaie de l'histoire americaine est encore loin d'être refermée et que le sujet est encore de ceux qui divisent. Le film dure presque trois heures et on ne voit pas le temps passer. On jubile devant les performances d'acteurs magnifiques reunis pour le projet. Christopher Waltz est delicieusement petillant dans son role de chasseur de primes. Au passage le role de l'émigré allemand cynique et humaniste est genial. Comme le veut la regle, Samuel Jackson ne decoit jamais. Mais il surprend encore. Il est parfait dans la peau du nouvel "oncle Tom" Stephen, faussement senile et soumis mais vraiment machiavelique. La variation de son jeu et de son role en fonction des situations est impressionante. Le troisieme larron à crever l'ecran est Leonardo Di Caprio dans le role du proprieatire Candy tout en maitrise quand il deroule la perversité froide et presque naive de son personnage. Ces trois monstres sacrés du cimema US se donnent la replique servis pas des dialogues et des situations à la hauteur - la, en tant que spectateur c'est juste le petit Jesus en culotte de velours. Pour ce qui est de Jamie Fox, pourtant un super acteur, c'est un peu différent. Son role d'esclave vengeur qui deplace des montagnes pour retrouver sa belle est trop limité pour le laisser developper son jeu. Il en va de même pour Kerry Washington elle aussi certainement une super actrice mais ce n'est pas ce film qui nous le dira.

La recette Tarantino est éprouvée. Dialogues cinglants, acteurs exceptionnels, plans d'anthologie, BO au petit oignons, sentiments simples et puissants ... Le charme opere toujours et on se retrouve devant des scènes magnifiques comme seul il sait nous les présenter. On ne peut alors que sourire benoitement, dans le noir, bien calé dans son fauteuil de ciné en se disant qu'il est fort l'animal.

Mais voila - et attention, tout ce qui va suivre est purement subjectif mais l'exercice de la critique le demande - donc mais voila, j'ai tellement aimé les premiers films de Tarantino que je suis decu de le voir sombrer dans la facilité. Premier problème, le final. C'est le troisième de ses films qui finit en grand n'importe quoi. Comme avec Kill Bill (la fin est dans le titre je sais mais après trois heures de magie, la technique des cinq doigts dans l'hacienda de Bill le retraité, pffffff ...), comme dans Inglorious Basterds (le feu dans le cinema), Tarantino fait monter la pression de main de maitre et nous livrant une scene de diner splendide suivi d'un degestif tout en intelligence et la patatra (je ne spoil pas mais bon ... ca pourrait faire l'objet d'une discussion avec ceux qui l'auront vu).
Ensuite, la ou le jeune Tarantino nous envoyait des plans brillants et des situations d'anthologie en nous prenant au depourvu, tout en subtilité, il nous prévient maintenant de manière assez pesante. La meme qualité de mise en scene mais la finesse en moins.
Le dernier coup de canife dans le chef d'oeuvre, ce sont les effets comiques qui sont clairement recherchés mais pas vraiment maitrisés. La vengeance se melange difficilement avec la comedie, le theme de l'esclavage est dur et cela demande beaucoup de talent de faire rire (meme ponctuellement) sur le sujet.Il en a assurement beaucoup mais vraisemblablement pas celui la.

D'un projet ambitieux, Quentin Tarantino termine avec un film presque pretentieux. Tellement doué qu'il en devient peut etre trop facile. En tout cas certainement trop confiant. Trop, c'est le mot. C'est terriblement frustrant de voir qu'il passe à coté d'une oeuvre definitive par manque de recul, d'autocritique.
Je ne retrouve pas dans ce film l'intelligence et le raffinement qui faisait mon bonheur dans pulp fiction ou encore Jackie Brown.

Bref voila, un super film qui passe à pas grand chose d'etre unique et de rejoindre les grands westerns que je n'ai pas besoin de citer ici. Si vous voulez voir un vrai bon western récent, preferez Apaloosa (petit coup de pub au passage avec 3 acteurs geniaux aussi)
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MessageSujet: Re: Django Unchained   Sam 26 Jan - 13:15

Très bonne critique, après avoir maitrisé 90% de son film c'est vrai qu'il donne dans la facilité et que ce raccourci final n'est pas à la hauteur du reste. L'adjonction de ressorts série B / "Comics" n'est pas toujours du meilleur aloi, même si la bande son avec ses thèmes western spaghetti saupoudrés de gros sons US sonne parfaitement.
Néanmoins j'ai passé deux heures et demie de délice, fan du genre les performances des acteurs te tiennent en haleine et tu gardes le sourire aux lèvres tout du long. On passe à 15 minutes du chef d’œuvre par péché d'orgueil. A voir malgré tout absolument.
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Tyler Durden
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MessageSujet: Re: Django Unchained   Mer 27 Fév - 12:41

De passage a Brussels et apres une bonne moules frites avalée je me suis offert le luxe d'un petit cinoche hier soir...

premier point, comment sont diffusés les films en Belgique pays polyglotte?? en VoST BIL...heu oui mais c'est qui ce BIL??? j'avais un peu peur de me retrouver avec un film an anglais sous titré en flamand...que nenni la Belgique pays du compromis propose tous les films sous titrés dans les deux langues !! un ligne de francais une ligne de frdhfmerzfhf (pour l'allemand troisième langue officielle on repassera...)

donc je me rends voir le petit dernier de Quentin avec un mauvais a priori vu que tout le monde (enfin les deux du dessus plus Costan "aucun film ne me satisfait et je n'écrit pas de critique" Nia) semble mettre en question la qualité globale...

bon Tarentino c'est quoi: des histoires simples, des hommages et references en veux tu en voila, des plans sequences assez long, des dialogues et des personnages hyper travaillés, et un reaisateur qui adore mettre en valeur ses acteurs et comme en plus il bosse avec les meilleurs ca pete...

a travers toute son oeuvre (et je mettrai a part Kill Bill que j'ai vraiment peu apprecié) on a toujours le même type de film dans des environnements différent mais toujours des histoires ultra simple qui n'ont d'interet que par le traitement des personnages. Et la dessus on ne peut pas lui repprocher vu que c'est sur quoi il a toujours été acclamé par le public...

ici clairement on se laisse emporter plus par le style que par l'histoire et personnellement je laisse de coté toute recherche de critique de l'esclavage, je ne pense pas qu'il s'agisse du sujet du film mais plutot d'un contexte. De ce point de vue je ne suis donc pas dessus de la facon dont il traite ce "contexte" en le montrant de façon cru mais aussi surement faussé (comme il s'autorisait déjà de le faire dans le traitement de la seconde guerre mondiale dans Inglorious bastards...)

ensuite sur la question de la fin du film...je comprends pas trop vos critiques, les mecs c'est du Tarentino tout craché!!! quand y en a plus y en a encore et c'est pour ca que ca marche, ok il aurait pu achevé le film a la premiere fusillade mais je pense qu'il voulait bien dissocié la fin de Monsieur Candy de celle de Stephen, faire monter la pression sur une potentielle scene de torture et en gros faire revenir son héros du diable vauvert...par ce que dans le fond il veut magnifier son héros tel un auteur de série B qui trouvera toujours une raison de le rendre un peu invincible...

voilà mon point de vue, Django sur le podium des Tarentino avec Pulp fiction et Reservoir Dogs

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MessageSujet: Re: Django Unchained   Mer 27 Fév - 13:21

Et Jacky Brown !!! Pffff .... gné

En lisant ta critique et en y repensant, il y a vraiment un rupture dans l'oeuvre de QT:

Reservoir Dog, Pulp Fiction, Jacky Brown ==> Rupture: Kill Bill ==> Inglorious, Django, to be continued.

Deathproof j'ai bien aimé mais vraiment à part

Le coté "quand il y en plus, y en a encore - un cow boy qui sort derriere chaque pot de fleur - Django lucky luke" ca arrive vraiment à partir de la scene ou Uma Thurman explose 558 yakuzas au katan Hatori Hanzo en noir et blanc. Pour moi, c'est en trop (mais si je veux voir "mon" film parfait, il va falloir que je me lance dans la réalisation ...)

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MessageSujet: Re: Django Unchained   Mer 27 Fév - 13:54

la rupture c'est surtout que tu passes du film de gangsters à autre chose (et il faut bien admettre que son style colle plus au premier genre qu'aux autres)
ensuite les films partent clairement en sucette avec un réalisateur qui coche des croix devant sa liste de genre qu'il veut revisiter

dans un sens je trouve que Django revient un peu plus vers les premiers films tout en ayant encore des travers des nouveaux

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MessageSujet: Re: Django Unchained   Jeu 9 Jan - 13:56

Je suis assez en phase avec Tyler sur Django. Le mec cherche uniquement à réaliser un exercice d'application de son style à un nouveau genre. Limite on a le sentiment qu'il nous dit: "Les gars, vous pariez que je suis chiche de faire ce que j'ai fait pour les films de gangsters ou de guerre sur un nouveau projet de western, que vous ne vous y attendrez pas et qu'en plus ça marchera ?". Et qu'à la fin il nous nargue: "Alors, vous avez vu ? Vous n'y croyiez pas hein ? Pourtant je vous avais prévenu !!!" Et on va voir le film en se disant: "il ne va pas oser !!!" Bah si, le con !!!
A chaque fois on a la sensation qu'il fait monter la sauce jusqu'à un point de non-retour où il n'y a plus d'autre issue que celle-là, à moins que ce soit un manque d'imagination manifeste, ou qu'il soit actionnaire chez un fabricant pour le cinéma de poches d'hémoglobine.
Bref, ça en devient un peu lassant tout de même, maintenant je m'attends juste à voir une comédie romantique ou un boulard de Tarantino qui termine en carnage, la boucle sera bouclée...
Ca n'enlève rien au reste du film à chaque fois, mais les fins demeurent un peu leurs talons d'Achille, le reste du film est souvent tellement de haut vol qu'en comparaison la fin devient vraiment décevante.

En termes de rupture, je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous: quand on y réfléchit, les seuls où il n'y a pas un gros carnage avec le meurtre d'une cinquantaine de convives à un moment donné du film, ça reste Pulp Fiction et Jackie Brown (même si de nombreux morts jalonnent le film). Tous les autres n'y coupent pas: Desperado, Kill Bill, Inglorious, Django, même Reservoir Dogs (pas grand monde debout à la fin), voire une Nuit en Enfer où en tant que scénariste il nous sert la même chose.
C'est un peu comme Clint qui, dans une moindre mesure, vire dans le tragique quasi à la fin de chacun de ses films (Mystic River, Million Dollar Baby, Gran Torino,...), avec lui les films sont vraiment excellents mais la fin on la voit venir, on sait que le gentil va mourir...

En bref, ça serait bien que dans son prochain film, Tarantino nous surprenne à la fin....

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