Jérôme Reijasse: «Le PSG cristallise toutes les haines anti-parisiennes»FOOT - Un supporter parisien témoigne dans un livre de ses doutes, ses craintes et ses petits moments de bonheur...
Journaliste musical dans le civil, Jérôme Reijasse
voue une passion dévorante au PSG depuis 20 ans. Dans «PARC», il raconte match par match une saison de sa vie de supporter alors que son club flirte avec la relégation.
Pourquoi votre livre prend-il pour cadre 2008, une des saisons
les plus compliquées du PSG, qui se sauvera de la relégation lors de la
dernière journée?Les vrais supporters se reconnaissent et se construisent dans les
années de détresse. Même si la victoire me fait encore effet, étant
donné qu’on ne gagne pas si souvent que ça à Paris.
Vous n’avez pas peur que votre livre soit mal compris en France, où il n’y a pas vraiment de culture du «supportérisme»?Si vous voulez dire que j’ai plus un rapport britannique au foot, j’en
suis ravi! Mais je vis en France. Pourtant, je pense que Paris est l’un
des rares clubs avec Lens et Saint-Etienne à avoir une culture
anglaise. En France, on ramène trop le supporter au hooligan, on en
est encore au syndrome du Heysel. On a fait peur aux gens. Je me
rappelle que j’avais peur, lors de mes premiers matchs au Parc des
Princes. Après j’ai ri, même si j’ai vu de la violence comme partout
ailleurs. J’ai aussi eu envie d’écrire ce livre parce que j’ai trop
subi ces discussions où on ramenait toujours le PSG à ses supporters
racistes. Je trouve ça injuste, triste et dommageable.
On sent d’ailleurs dans votre livre que vous considérez le PSG comme un club en lutte contre le reste du pays…C’est incroyable, cette haine anti-parisienne qui se dégage. Je trouve
que le PSG cristallise toutes les haines anti-parisiennes. «Parisien
tête de chien», on y revient toujours un peu. Cette haine
Paris-province arrange tout le monde, les provinciaux, les Parisiens,
de se sentir détachés et seuls contre tous. Après, beaucoup de
Parisiens eux-mêmes détestent le PSG, pour pas mal de raisons. A
Barcelone ou Marseille, si le club joue son maintien, c’est l’union
sacrée. Tout le monde descend dans la rue avec le maillot. A Paris,
quand on va jouer notre maintien contre Sochaux, il ne se passe rien.
Souvent, on sent que la situation du PSG vous met dans des états
désespérés. A moins que ce ne soit l’écriture, qui accentue cette
sensation?Je sais que ça peut sembler dur, mais j’ai rédigé les chapitres du
livre le soir ou le lendemain des matchs, à chaud. Ce livre, c’est 1/7e
de mes semaines! En me relisant, j’ai parfois honte de mon
comportement. Il y a une certaine mégalomanie chez le supporter.
Parfois, je me dis que si j’arrête mon abonnement, le PSG va redevenir
un grand club. C’est assez con.
Propos recueillis par Alexandre Pedro
Je me retrouve pas mal dans ces propos.
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Si à 8 ans t'as pas ta flikflak, t'as raté ta vie.