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 Les expressions décortiquées

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JB40230
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MessageSujet: Les expressions décortiquées   Lun 4 Mai - 14:24

Décortiquons les expressions françaises, c'est toujours sympa de découvrir le pourquoi du comment smile
http://www.expressio.fr/expressions/tete-de-turc.php

« Tête de turc »


Personne en butte aux sarcasmes, aux mauvais traitements et aux plaisanteries douteuses.


Sans chercher à remonter jusqu'aux Croisades, aux XVIIe et XVIIIe
siècles, le More et le Turc étaient les emblêmes des incroyants, des
barbares cruels et sanguinaires.
C'est
probablement pour cette raison, et pour faire suite à l'expression
"fort comme un Turc" citée au XVIIe, que, dans les fêtes foraines du
XIXe siècle, on trouvait des attractions constituées d'une sorte de
dynamomètre surmonté d'une tête enturbannée (symbole du Turc) dans
laquelle il fallait taper le plus fort possible, la force du coup étant
mesurée par une aiguille.

Dans ces jeux, il était bien sûr plus viril de se frotter à un symbole de force, d'où la cible à la forme d'une tête de Turc.
Mais c'est le fait que cette pauvre tête était constamment frappée par tout le monde, qui a fait de la tête de turc celui sur lequel chacun s'acharne.

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MessageSujet: Re: Les expressions décortiquées   Lun 4 Mai - 14:45

pas mal pouce

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MessageSujet: Re: Les expressions décortiquées   Mar 5 Mai - 1:15


« Un bouc émissaire »


Une personne sur laquelle on fait retomber tous les torts, toutes les responsabilités.


Lorsqu'on envoie un émissaire en mission auprès de quelqu'un d'autre,
c'est assez rarement un bouc ; tout au plus un pigeon voyageur, si on
tient vraiment à envoyer un animal, mais le bouc vole beaucoup plus bas
(sauf s'il est envoyé avec une catapulte) et nettement moins
discrètement ; sans compter que son sens de l'orientation est un peu
moins performant.
Alors pourquoi cette expression ?

Il est un phénomène social très répandu qui fait que, de tous temps (et
même encore aujourd'hui), lorsque des manifestations d'origine
inexpliquée ou un fléau quelconque (autrefois considéré comme un
châtiment divin) provoquent des dérangements importants au sein d'une
communauté, ses membres cherchent parmi eux un responsable, une victime
expiatoire. C'est le fameux bouc émissaire.

Cette appellation est d'origine religieuse.
L'expiation est une cérémonie religieuse destinée à effacer la souillure, les
péchés que l'homme a pu commettre. Et cet homme-là n'a rien trouvé de
mieux, sur une idée prétendument soufflée par Dieu à Moïse, que de
faire porter cette souillure par un bouc que le prêtre, par imposition
des mains et autres imprécations, chargeait symboliquement de tous les
péchés avant de l'envoyer dans le désert à la rencontre d'Azazel ().
Et l'homme, ainsi dé-péché, pouvait alors se dépêcher de replonger à nouveau dans le péché.

L'appellation de ce bouc vient du latin ecclésiastique "caper emissarius" ou "le bouc envoyé, lâché".

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MessageSujet: Re: Les expressions décortiquées   Mer 6 Mai - 0:11


« Avoir les dents longues »


Être très ambitieux.


Au XIVe siècle, cette expression signifiait 'avoir faim'.

Puis le côté dur et agressif des dents a provoqué une transformation vers le sens qu'elle a aujourd'hui.


Ce sont les dents des même personnes très ambitieuses qui, à force
d'être longues, 'rayent le parquet' ou 'arrachent la moquette'.

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MessageSujet: Re: Les expressions décortiquées   Ven 15 Mai - 15:05


« Jeter l'argent par les fenêtres »


Être extrêmement dépensier


Au Moyen-Âge, en l'absence de tout-à-l'égout, les fenêtres voyaient
passer toutes sortes de choses, et il ne faisait pas bon passer dessous
à ce moment là ; on pouvait en effet se faire décorer de liquides
souillés ou d'immondices divers. On y jetait aussi parfois des pièces
de monnaie pour récompenser le troubadour de passage (ou le faire
partir vite, s'il chantait comme Assurancetourix).

Mais
l'image que véhicule cette expression se comprend très aisément : celui
qui jetterait son argent par les fenêtres de son logement gaspillerait
aussi stupidement sa fortune qu'en la dépensant à acheter des quantités
de choses sans intérêt ou inutiles.

La version de 1762 du
dictionnaire de l'Académie Française nous signale qu'on disait déjà à
cette époque "un homme ne jette rien, ne jette point son bien par les
fenêtres" pour dire "il ne fait point de folles dépenses".
Cette expression date donc probablement de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle.

Claude Duneton signale qu'Oudin écrivait qu'au XVIIe, "jeter les épaules de mouton par la fenêtre" était signe de prodigalité.
Pourquoi les épaules ? Et que du mouton ? C'est un mystère !

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MessageSujet: Re: Les expressions décortiquées   Ven 15 Mai - 16:59


« Ruer dans les brancards »


Se révolter, se rebiffer.
Refuser de continuer un travail.


Quand on vous parle 'brancard', vous imaginez tout de suite des
infirmiers qui transportent un malade dont on se demande quelle mouche
l'a piqué pour qu'il s'agite comme un forcéné sur son brancard au point
d'en chuter et d'aggraver son mal, au lieu d'attendre calmement d'être
amené jusqu'au lieu où il sera soigné.

Mais
c'est oublier qu'au XVe siècle, avant de prendre le sens qu'on leur
connaît aujourd'hui, les brancards étaient deux longs bouts de bois
prolongeant vers l'avant la caisse d'une voiture, et entre lesquels
était placé l'équidé chargé de déplacer la charge que son maître devait
transporter d'un endroit à un autre ou les passagers que le chariot
contenait [1].

Et lorsque l'animal en avait assez
d'être exploité, qu'il ne voulait plus faire le job, qu'il réclamait sa
pitance, il décochait des ruades, se cabrait ou ruait entre / dans ses
brancards.

C'est donc simplement de cette ancienne réalité que notre expression provient, et non du brancard des infirmiers.

[1] Et avant cela, le mot désignait le chariot lui-même.

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MessageSujet: Re: Les expressions décortiquées   Ven 15 Mai - 17:28

celle du doigt dans l'œil est marrante, si c'est vraiment ca...

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MessageSujet: Re: Les expressions décortiquées   Mar 26 Mai - 15:49


« Nager entre deux eaux »


Manoeuvrer entre deux partis, sans se compromettre
Refuser de s'engager


Bien sûr, à notre époque, on imagine de suite la personne qui réussit à
nager à mi-profondeur sans se laisser entraîner vers une direction non
souhaitée par le courant de surface ou celui plus profond.
Il suffit qu'il descende un peu plus profondément ou bien remonte en surface pour se laisser entraîner par l'un ou l'autre.

Métaphoriquement,
cette nage s'applique à la personne qui ne veut pas s'engager (que ce
soit par indécision ou pour ne pas prendre parti, histoire de ménager la chèvre et le chou) et qui ne ne fait donc aucun choix.

Mais
cette expression apparue au XIVe siècle vient en réalité de la marine.
En effet, à cette époque (et depuis le XIIe siècle), 'nager' voulait
dire "conduire un bateau".
Et l'équipage qui savait "nager entre
deux eaux", était celui qui arrivait à garder le cap malgré les
courants (les 'eaux', à l'époque) qui pouvaient l'entraîner dans une
mauvaise direction.


« Mais le comte d'Egmont, tout en continuant sa résistance au
despotisme politique et à l'oppression religieuse, ne voulait point
violer les serments qu'il avait prêtés à Philippe II, son suzerain.
Fermement attaché a l'indépendance des Pays-Bas, qu'il avait défendue
avec une vaillance admirable, il craignait et repoussait l'intervention
des Français dans les troubles de ces provinces. De là les
irrésolutions et les incertitudes qui donnaient à sa conduite les
apparences de la faiblesse. De là le reproche adressé au vainqueur de
Gravelines de nager entre deux eaux. »
Théodore Juste - Les Pays-Bas au XVIe siècle - 1862

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MessageSujet: Re: Les expressions décortiquées   Jeu 11 Juin - 17:56


« Ne pas se moucher du pied (du coude) »


Se croire quelqu'un d'important.
Avoir de grandes prétentions.


Au XVIe siècle, quelqu'un qu'on "mouchait du pied" était quelqu'un
qu'on bernait facilement. Donc un niais, assimilé à une chandelle qu'on
aurait pu 'moucher' (ou éteindre) sans même avoir besoin d'y mettre la
main.
Le verbe 'moucher' y avait d'ailleurs aussi le sens de 'tromper' ou 'séduire avec des arguments trompeurs'.

C'est à partir du XVIIe siècle que la signification a évolué.
A
cette époque, les saltimbanques (donc des gens de basse classe)
pouvaient, dans la rue et grâce à leur souplesse, se contorsionner et
se passer le pied sous le nez, comme s'ils se mouchaient avec.
Par comparaison, les gens de la haute ne risquaient pas de se moucher du pied.

A
cette époque également, beaucoup de personnes de condition modeste
avaient l'habitude de se moucher sur leur manche et quelqu'un qui se mouchait de la manche ou du coude était un malappris, aisément reperé par les taches vertes et gluantes sur son bras.
Par contre l'élite de la société utilisait un mouchoir et n'avait donc aucun besoin de se moucher du coude.

Ces deux variantes de l'expression permettaient de bien différencier la piétaille de l'aristocratie.

Cette
locution, dans sa forme négative, est petit à petit devenue ironique,
pour désigner des gens imbus d'eux-mêmes, prétentieux, qui affichent de
grands airs ou qui tentent de se faire passer pour des personnes
raffinées, aisées ou intelligentes.

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MessageSujet: Re: Les expressions décortiquées   Lun 14 Sep - 9:17

Voilà l'histoire réelle d'une expression connue de tous, mais dont l'origine est malheureusement inconnue de beaucoup.

> Par un beau jour d'automne de l'année 1720, le duc de Saint Romain Lachalm, passionné par la chasse mais frustré par le peu de gibier qu'il ramenait de ses pérégrinations forestières en terre d'Auvergne, imagina qu'il devait être possible de fabriquer un outil apte à lui faciliter la tâche et rendre plus plaisante sa traque des animaux, particulièrement à plumes.
Il convoqua donc tous les artisans de la contrée pour mettre au concours la concrétisation de cette idée, leur laissant deux mois pour fabriquer le plus inventif et le plus efficace des appareils.
A peine une semaine plus tard, un marchand du nom de Martin Écouille, se présenta au château clamant à qui voulait l'entendre qu'il possédait ce dont le duc rêvait.
Il obtint sans peine une audience auprès du noble seigneur et s'empressa de lui faire la démonstration de sa merveille.
Devant une assemblée dubitative mais curieuse, il sortit de sa poche un minuscule sifflet (que plus tard on nommerait appeau), le porta à sa bouche pour émettre un son strident.
A peine quelques secondes plus tard, des dizaines d'oiseaux de toutes sortes virevoltaient autour de lui, comme attirés et charmés par cette étrange mélodie.
Le duc imagina sans peine le profit qu'il pouvait tirer d'un tel accessoire lors des ses futures chasses.. Il s'éclaircit la gorge et ne prononça qu'une seule phrase : " Combien cela va-t-il me coûter? "
Martin Écouille, sûr de lui, rétorqua qu'il accepterait de se séparer de son objet en échange de la moitié de la fortune de son interlocuteur.
Cette requête fit sourire l'assemblée mais le duc, à la surprise générale, gardant son sérieux, accepta la transaction !
La nouvelle fit grand bruit et se répandit vite bien au delà des limites du duché : un marchand avait vendu un sifflet pour une somme astronomique au Duc, qui en avait payé le prix sans broncher.
Cette anecdote a subsisté dans la langue française pour qualifier les objets hors de prix : « Ca coûte l'appeau d'Écouille »

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MessageSujet: Re: Les expressions décortiquées   Lun 14 Sep - 10:06

clap

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